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Les cours du jus d’orange concentré battent des records, mais l’Afrique restera encore à la marge

Le continent africain est l’une des places fortes de la production d’oranges sur le plan mondial. Si en théorie, l’abondance de l’offre peut stimuler durablement une industrie de la transformation, la situation est un peu plus compliquée.

Sur le marché mondial des oranges, l’année 2020/2021 a été à l'euphorie. En effet, les cours du jus concentré 65 °Brix (jus contenant l’équivalent de 65 grammes de saccharose dans 100 g) livré au port de Rotterdam, ont gagné 300 $ pour atteindre 2100 $ la tonne. D’après la revue Fruitrop du Cirad qui a relayé ces données, il s’agit du tarif le plus important enregistré depuis trois ans.

Cette hausse record s’explique notamment par une contreperformance des deux principaux fournisseurs à savoir le Brésil et l’Etat américain de la Floride en raison de mauvaises conditions météorologiques.

La production cumulée des deux territoires a atteint en effet 322 millions de caisses, soit une baisse de 30 % d’une année sur l’autre et le plus faible niveau depuis 2017/2018. Dans le même temps, la demande mondiale du produit a été dynamique aux USA (premier consommateur mondial de jus) sur le dernier trimestre 2021 en dépit de la pandémie de covid-19.

S’agissant de la campagne 2021/2022, la tendance haussière des prix pourrait encore se poursuivre. Selon Fruitrop, l’offre devrait s’établir à seulement 309 millions de caisses, ce qui représenterait le volume le moins important en plus d’une décennie. 

L’Afrique toujours à la traine dans la transformation  

Contrairement aux autres fournisseurs majeurs d’orange, l’Afrique devrait rester largement en retrait de cette dynamique des prix. En effet, malgré sa place de premier acteur du commerce mondial des oranges (65 % des exportations), le continent ne dispose pas encore d’une véritable industrie de la transformation en jus. 

Chez les trois principaux fournisseurs d’oranges en Afrique, les quantités traitées restent encore faibles. En 2020/2021, le taux de transformation de la récolte d’oranges a varié de 17 % en Afrique du Sud à 10 % en Egypte et descend à seulement 5 % au Maroc. Comparativement le Brésil, premier producteur mondial d’oranges, traite plus de 70 % de sa récolte.

Ce retard du segment de la transformation sur le continent tire son origine de la pénurie chronique de matières premières rencontrée par les acteurs en raison du développement de l’exportation. Dans ce cadre, il faut citer l’Afrique du Sud dont la situation reste un cas d’école sur le continent.

D’après l’USDA, les transformateurs du pays ne reçoivent habituellement au mieux que le surplus d’oranges après satisfaction des débouchés internationaux ou au pire, les fruits ne répondant pas aux normes d’exportation. La nation arc-en-ciel préfère ainsi écouler ses fruits sur le marché mondial qui offre des prix beaucoup plus intéressants.  

Selon la Citrus Growers Association (CGA), la tonne d’oranges exportée pouvait rapporter 10000 rands (650 $) en 2019/2020, soit 20 fois plus que ce que les transformateurs proposaient sur le marché domestique (519 rands).   

Si globalement l’expédition des agrumes rapporte de précieuses devises aux pays africains, certains observateurs estiment que les gouvernements devraient aller au-delà pour maximiser sur le long terme la valeur ajoutée.

Dans cette perspective, le principal défi sera de définir une approche gagnant-gagnant entre les différents acteurs de la filière, qui garantit à la fois un niveau de rémunération satisfaisant aux producteurs et permette aux transformateurs d’opérer à des coûts réduits assurant leur compétitivité sur le marché mondial afin de compenser la baisse des recettes d’exportation des fruits frais.

Agence Ecofin/Espoir Olodo

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