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L'irrigation est incontournable, comme le démontrent le Niger et le Mali

Il est possible détendre l’irrigation sur 47 millions d’hectares en Afrique, souligne une étude du Panel Malabo Montpellier présenté le 18 décembre 2018 à Rabat à l'occasion d'un Forum. Un Panel qui réunit 17 experts issus des

domaines de l’agriculture, de l’écologie, de la nutrition ou encore de la sécurité alimentaire, et qui estiment que c'est en aidant davantage d’agriculteurs à accéder aux systèmes d’irrigation et à les utiliser que les pays africains pourront atteindre leurs objectifs de réduction de la faim et de promotion de la sécurité alimentaire.
A peine 6% des terres cultivées sont actuellement irriguées en Afrique, contre 14% en Amérique latine et 37% en Asie. Le potentiel d’intensification de l’irrigation est donc considérable en Afrique sub-saharienne, ce qui permettrait d’accroître les rendements des cultures et d’améliorer la résistance aux chocs climatiques.
Le rapport intitulé Water-Wise : Smart Irrigation Strategies for Africa, met en avant les réussites de six pays africains, dont le Mali et le Niger, dans lesquels l’augmentation des niveaux d’irrigation a permis d’améliorer et de prolonger les récoltes, d’augmenter les revenus et d’améliorer les perspectives des agriculteurs. "L’analyse montre que nous pouvons tirer des enseignements des expériences de nos voisins sur le continent," a déclaré Saulos Klaus Chilima, vice-président du Malawi et co-président du Forum de Malabo Montpellier. "Le Malawi s’est engagé à accroître la superficie des terres arables irriguées et a déjà vu les revenus augmenter de 65% dans les zones où les agriculteurs participent à des programmes d’irrigation."
Les auteurs du rapport ont trouvé plusieurs points communs entre les pays qui ont connu des progrès significatifs dans l’expansion de l’irrigation. Ils en ont tiré neuf recommandations. Selon Ousmane Badiane, co-président du Panel Malabo Montpellier et directeur Afrique de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), "Il est essentiel de mettre en place des institutions gouvernementales efficaces dédiées à cet effet et d’augmenter de manière significative les financements publics des programmes d’irrigation". "En outre, les interventions visant à faciliter l’accès au financement et à renforcer les compétences en matière d’exploitation, de réparation et d’entretien des équipements sont quelques-uns des facteurs clés qui ont permis aux pays de réaliser des progrès considérables."
"Le partenariat avec le secteur privé et les communautés agricoles ainsi que l’amélioration de la réglementation pour une utilisation sécuritaire et durable de l’eau en sont d’autres facteurs déterminants."
L’agriculture irriguée permet également aux agriculteurs de prolonger la saison agricole, d’augmenter leur productivité et donc leurs revenus. Au Niger, l’un des pays où le rythme d’expansion de l’irrigation est le plus rapide, l’agriculture irriguée parvient à générer jusqu’à 20% du PIB agricole.
"Deux choses doivent se conjuguer dans l’irrigation intelligente : premièrement, une technologie robuste qui économise l’eau et l’énergie et qui peut être entretenue à l’échelle locale et, deuxièmement, des organisations locales saines et équitables avec des agricultrices et des agriculteurs qui dirigent eux-mêmes leur irrigation", a déclaré Joachim von Braun, co-président du Panel Malabo Montpellier et directeur du Centre de recherche pour le développement à l’Université Bonn, Allemagne.
"Pour garantir ces deux conditions, il convient d’établir des politiques judicieuses et non pas seulement des directives imposées d’en-haut ; ainsi les possibilités de revenus seront attrayantes pour les jeunes ruraux."
Les auteurs du rapport ont toutefois réitéré que l’expansion doit être planifiée avec soin afin d’éviter les effets néfastes sur l’environnement et sur la santé humaine.
Source : Commodafrica

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