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L’irrigation doit être une priorité afin de réaliser les ambitions agricoles en Afrique (rapport)

Longtemps considérée comme la « pièce manquante du puzzle » de l’agriculture en Afrique, l’irrigation doit être au cœur des priorités pour les secteurs public et privé. C’est ce que préconise le Panel Malabo Montpellier dans son rapport

« Water-Wise : Smart Irrigation Strategies for Africa ». Pour le groupe d’experts, une telle démarche contribuera à l’amélioration de la sécurité alimentaire, de la résilience ainsi que des moyens d’existence des agriculteurs, dans le contexte des changements climatiques, et impulsera une transformation agricole du continent. Elle est d’autant plus urgente qu’en l’absence d’investissements supplémentaires dans les dispositifs d’irrigation, la part de personnes en proie à la faim sur le continent pourrait augmenter de 5%, d’ici 2030, et grimper à 12%, d’ici 2050. Pour le Panel, l’irrigation agricole présente une importante marge de progression dans la mesure où seulement 6 % des terres cultivées sont irriguées en Afrique, contre 37 % en Asie. Cette part modeste est concentrée pour près de deux tiers dans cinq pays que sont l’Egypte, le Maroc, le Soudan, l’Algérie et l’Afrique du Sud, indique le rapport. « Avec les dotations en ressources hydrauliques et en terres arables, la superficie des terres irriguées en Afrique pourrait passer de 7,7 millions d’hectares à 38 millions d’hectares. Le potentiel d’extension de la petite irrigation est estimé à 30 millions d'hectares pour les motopompes, 24 millions d’hectares pour les pompes à pédales, 22 millions d’hectares pour les petites retenues et 20 millions d’hectares pour les déviations d’eau », note le document. Pour parvenir à réaliser ce potentiel, les gouvernements pourraient déployer des investissements à long terme dans l’extension et la réhabilitation des infrastructures d’irrigation, souligne le groupe. Par ailleurs, la création de ministères de l’Eau et de l’Irrigation et de départements dotés de telles prérogatives au sein des ministères de l’Agriculture permettra de créer une approche globale pour la gestion de l’eau dans l’agriculture. Pour sa part, le secteur privé devrait également s’investir dans la construction et l’amélioration des réseaux d’irrigation et de la maintenance des dispositifs. Il pourrait également agir au niveau de la conception et de la diffusion des technologies innovantes d’irrigation qui sont adaptées aux petits exploitants et susceptibles d’améliorer la productivité agricole, ajoute l’institution.


Source : Agence ecofin

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